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Les Cahiers de l'Année Gérontologique

1760-5342
Publication abandonnée
 

 ARTICLE VOL 3/2 - 2011  - pp.70-76  - doi:10.1007/s12612-011-0180-7
TITRE
Douleur sévère et morphine aux urgences chez le patient âgé

TITLE
Severe pain and morphine in the elderly patient in the emergency department

RÉSUMÉ

La prise en charge de la douleur sévère de la personne âgée aux urgences reste insuffisante malgré les progrès récents et les recommandations concernant l’utilisation des opiacés en aigu, alors que la vulnérabilité engendrée par la douleur dans cette classe d’âge est à redouter. Connaître les mécanismes d’hyperalgésie relative de la personne âgée, l’impact du vieillissement sur la physiopathologie douloureuse, la sous-expression des douleurs sévères par la personne âgée permet de mieux détecter ces douleurs sévères, finalement plus fréquentes que chez le jeune, en utilisant des échelles d’évaluation d’intensité adaptées. Le recours à l’hétéroévaluation chaque fois que l’autoévaluation est impossible doit devenir systématique, de nouveaux scores, plus adaptés à la pratique de la médecine d’urgence, facilitent aujourd’hui cette démarche. Le traitement des douleurs aiguës sévères aux urgences fait appel aux paliers III d’emblée, comme chez le jeune, la morphine reste la molécule de référence. L’enjeu est d’être efficace sans être iatrogène chez ces patients fragiles polymédiqués. La sécurité de son administration est toujours garantie par une méthode de titration intraveineuse (IV), le plus souvent sans adaptation de doses, bien qu’une hypersensibilité à la morphine liée à l’âge soit décrite. La voie sous-cutanée (SC) est par contre plus risquée que chez le jeune, et on la réservera aux relais antalgiques, avec une réduction de 25 à 50 % de la posologie habituelle, comme en per os. L’analgésie autocontrôlée (PCA) n’est pas contre-indiquée, mais elle est réservée à des cas particuliers. Enfin, des données manquent encore dans le grand âge (plus de 85 ans) et chez le patient non communiquant pour l’ensemble des stratégies antalgiques proposées. Mais une administration prudente et surveillée des antalgiques majeurs doit permettre tout de même de soulager ces patients. La morphine reste le seul recours efficace et sûr contre la douleur aiguë sévère aux urgences, lorsque l’évaluation de la douleur est menée qualitativement, prenant en compte intensité de la douleur et fonctions cognitives du patient et suivant un protocole strict, avec monitoring, dans une équipe entraînée.



ABSTRACT

Management of severe pain in the elderly patient in the emergency department continues to be inadequate despite recent progress and recommendations for use of opiates in the acute situation. The vulnerability of patients in this age group is a feared consequence of pain. An appreciation of the mechanisms of hyperalgesia in the elderly, of the effect of ageing on the pathophysiology of pain, and of the tendency of the elderly not to express to the full their experience of severe pain helps to facilitate the identification of such pain (commoner in the old than in the young) by the use of appropriate scales to measure its intensity. The use of heteroevaluation whenever self-evaluation is impossible should become routine. New scales which are more appropriate in the emergency medicine setting are making it easier to do this currently. The treatment of severe acute pain in the emergency department requires use of step 3 of the pain relief ladder from the outset and, as in the young, morphine remains the reference agent. The difficulty is in being effective without causing iatrogenic problems in these frail, polymedicated patients. Safety can still be ensured by using a method of intravenous titration, most frequently without adjustment of dose level, although age-related increase in sensitivity to morphine has been described. The subcutaneous route, by contrast, carries greater risks than in the young. It should be reserved for follow-up analgesia, with a reduction of 25 to 50% in the usual dose regime, as applies also to oral administration. PCA (patient controlled analgesia) is not contraindicated, but is reserved for special cases. Finally, data for the recommended analgesic strategies taken as a whole are lacking in the very elderly (more than 85 years of age) and in patients who are unable to communicate. But careful and well-monitored administration of major analgesics should, nevertheless, facilitate pain relief in these patients. Morphine remains the only effective and safe treatment of acute severe pain in the emergency department. Assessment of the pain is carried out qualitatively, taking into account its intensity and the patient’s cognitive function. A strict protocol and monitoring should be employed by a trained team.



AUTEUR(S)
V. LVOVSCHI

Reçu le 17 mars 2011.    Accepté le 7 avril 2011.

MOTS-CLÉS
Hyperalgésie, Vulnérabilité, Échelles d’hétéroévaluation, Titration morphinique, Iatrogénie

KEYWORDS
Hyperalgesia, Vulnerability, Hetero-evaluation scales, Morphine titration, Iatrogenicity

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

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